Les chrétiens qui souhaitent approfondir les enseignements de la « Révélation », s’aidant dans cette œuvre, pour certains disposés à une réception plus intense et plus intime de la Vérité, des lumières de Martinès de Pasqually, du Philosophe Inconnu ou de Jean-Baptiste Willermoz, sont voués à travailler au culte préparatoire de réconciliation par la purification et la sanctification, en s’écartant et se retranchant de la fausse Tradition, en rejetant la voie de Caïn pour suivre fidèlement l’exemple d’Abel le Juste.
Deux branches, c’est-à-dire deux « Traditions » se côtoient depuis l’origine et sont radicalement opposées, antagonistes et antithétiques l’une à l’autre, la première réunissant les « enfants de Dieu », c’est-à-dire la postérité de Seth, la seconde constituée par la descendance pervertie de Caïn, les « faux frères » selon Jean-Baptiste Willermoz, incarnant la Tradition déviée des « enfants des hommes ».
Martinès de Pasqually insista à de nombreuses reprises pour nous mettre en garde contre le danger de confusion entre les deux rameaux étrangers représentant d’un côté, celui pur et saint de la Tradition des « enfants de Dieu », et de l’autre, souillé et impur celui de la Tradition des « enfants des hommes », car plusieurs exemples démontrent qu’il est fréquent de voir se détériorer l’authentique Tradition, les alliances aboutissant à une corruption entraînant la déchéance des « connaissances spirituelles :
« La postérité de Seth et de son fils Enos ne tarda pas à se corrompre par ses alliances avec la postérité de Kaïn et elle déchut par là de toutes ses connaissances spirituelles divines que Seth lui avait communiquées. Cette postérité d’Enos subsista ainsi dans l’abomination, d’où provint le patriarche Énoch… » (Traité, § 106).
On comprend mieux, en cela, l’importance pour les fidèles disciples du Divin Réparateur de se retrancher du mal, de se préserver de la descendance criminelle de Caïn et de sa Tradition pervertie, dont le caractère ancestral et babélien ne confère aucune légitimité, et l’utilité pour eux de s’inscrire, en revanche, dans la continuité du culte saint et pur célébré par Seth, en fuyant radicalement les œuvres démoniaques des « enfants des hommes ».
Ceux qui persévèrent dans la garde et la préservation de la Tradition sacerdotale de Seth, conservent donc précieusement les éléments du culte sacré et veillent, avec attention et amour, sur la « Révélation » léguée aux hommes de bonne volonté par les Justes, les Prophètes et le Divin Maître, c’est-à-dire le Christ Jésus. Le christianisme étant « La Religion » par excellence, celle qui possède, en plénitude, le dépôt de la « Révélation », n’est pas, à l’évidence, une religion comme les autres, non « soumise » aux critères utilisés pour penser les aspects différents que donnent à voir les multiples traditions de l’humanité, puisqu’il est, échappant à tous les cadres référentiels classiques, la « Tradition » par excellence, la « Tradition Divine » qui perdure depuis le commencement des temps, unique source sainte et sacrée, de manière exclusive, d’où provient la Parole du « Verbe ».
S’il est nécessaire, pour le chrétien, de fuir l’influence de la descendance de Caïn qui représente une tradition viciée, dangereuse et réprouvée, c’est que les disciples de Jésus, qui souhaitent approfondir les enseignements de la « Révélation », s’aidant dans cette œuvre, pour certains disposés à une réception plus intense et plus intime de la Vérité, des lumières de Martinès de Pasqually, du Philosophe Inconnu ou de Jean-Baptiste Willermoz, sont voués à travailler au culte préparatoire de réconciliation par la purification et la sanctification, en s’écartant et se retranchant de la fausse Tradition, en rejetant la voie de Caïn pour suivre fidèlement l’exemple d’Abel, Énoch, Elie, Noé, Melchisédech, Zorobabel et du Messie [1].
Le Phénix Renaissant, « La Tradition éternelle divine ‘‘non-apocryphe’’ selon le Régime Écossais Rectifié », n° 11, 2026, p. 147-149.
Note.
[1] C’est pourquoi les élus coëns, puisque l’Ordre fondé par Martinès était un Ordre sacerdotal, furent des prêtres consacrés à la célébration du « culte primitif » et originel, et, en raison de cette mission spéciale et qualification particulière qui les rattachaient à la lignée des élus de l’Éternel, devaient impérativement veiller, chaque jour, chaque heure de leur vie, à la préservation de la pureté de leur ordination et de leur consécration, souci constant et indispensable pour que pût s’accomplir, dans un esprit de sainteté et de vérité, l’œuvre liturgique et invocatoire exigée, depuis les premiers commencements, par le Dieu Saint et Très Haut, l’Éternel Adonaï Sabaoth, Le Père d’Amour et d’infinie Miséricorde avec lequel, par la Croix, nous a réconciliés Notre Divin Réparateur et Maître le Christ Jésus.