Noé est celui qui restaura le culte Divin en l’ayant préservé des souillures de la tradition polluée, perpétuant la sainte « Tradition divine », la seule qui puisse être considérée comme véritable et authentique

Joseph de Maistre, dans le second Entretien des Soirées de Saint-Pétersbourg, délivra cette pertinente réflexion concernant le déluge, mettant en lumière le fait que la conservation de la connaissance dégagée du mal fut maintenue au sein de la famille juste, c’est-à-dire Noé et ses fils, représentant et conservant dans sa pureté la « Tradition divine » :

« Nous savons très peu de choses sur les temps qui précédèrent le déluge, et même, suivant quelques conjectures plausibles, il ne nous conviendrait pas d’en savoir davantage. Une seule considération nous intéresse, et il ne faut jamais la perdre de vue, c’est que les châtiments sont toujours proportionnés aux connaissances du coupable ; de manière que le déluge suppose des crimes inouïs, et que ces crimes supposent des connaissances infiniment au-dessus de celles que nous possédons. Voilà ce qui est certain et ce qu’il faut approfondir. Ces connaissances, dégagées du mal qui les avaient rendues si funestes, survécurent, dans la famille juste, à la destruction du genre humain [1]. »

C’est donc par Noé que la sainte « Tradition divine » se perpétuera, la seule qui puisse être considérée comme véritable et authentique, « Tradition » de l’Alliance restaurée avec Dieu dont l’arc-en-ciel est depuis ce jour le signe, l’autre, la tradition de Caïn et de ses enfants, ayant été engloutie.

Noé est donc bien celui qui restaura le culte Divin en l’ayant préservé des souillures de la tradition polluée.

C’est pourquoi, Martinès considère le rôle de Noé comme fondamental :

« Noé est un type considérable et frappant de la création universelle, terrestre, générale et particulière de toutes les formes corporelles apparentes. Il est par son nombre dénaire le type du Créateur, étant né le dixième des patriarches et le dernier des chefs pères de famille de la postérité d’Adam avant le déluge, et c’est lui qui, par sa postérité, a perpétué celle d’Adam, que le déluge avait effacée de la surface terrestre. » (Traité, § 113).

Le Phénix Renaissant, « La Tradition éternelle divine ‘‘non-apocryphe’’ selon le Régime Écossais Rectifié », n° 11, 2026, p. 83-84.

Note.

[1] J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, IIe Entretien, Editions de la Maisnie, 1980, p. 73-74.