Les hommes voulurent édifier une tour, symbole emblématique d’un pseudo savoir cosmologique, d’une « Tradition », certes fort ancienne en certains de ses aspects, mais qui, depuis le déluge, ne pouvait plus être « primitive », car celle-ci avait été détruite, mais « Tradition » cependant, pervertie, incomplète, inférieure et démoniaque en son essence…
Depuis l’épisode du déluge, si la postérité de Noé avait rétabli le cérémonial, postérité se composant d’une première filiation : Sem, Cam et Japhet, la tradition déviée ne ménagea pas pour autant ses efforts, et l’on assista, en très peu de temps, à la plus invraisemblable et folle entreprise jamais mise en œuvre par les hommes.
Un dessein absurde et dérisoire naquit dans l’esprit des êtres aveuglés par leurs passions et les mensonges de l’ennemi de Dieu, celui consistant à atteindre les cieux par la construction d’une tour gigantesque, que l’on pensait capable de parvenir jusque dans la région céleste. Se fondant sur une résurgence du paganisme le plus grossier, apparaissant encore une fois, malheureusement, à la faveur des forces démoniaques et prométhéennes porteuses d’une totale limitation et réprobation historique, les hommes voulurent édifier une tour qui allait représenter le symbole emblématique d’un pseudo savoir cosmologique, d’une « Tradition », certes fort ancienne en certains de ses aspects, mais qui, depuis le déluge, ne pouvait plus être « primitive », car celle-ci avait été détruite, mais « Tradition » cependant, pervertie, incomplète, inférieure et démoniaque en son essence.
Quelle était l’intention des constructeurs de Babel ?
Ils voulaient parvenir à Dieu, rejoindre Dieu, se hisser jusqu’à la cime des cieux, découvrir les vérités supérieures inaccessibles, en se rendant maîtres des connaissances ultimes.
Mais comment souhaitaient-ils parvenir à ce but ?
Par leurs propres moyens.
En élaborant des outils capables de leur dévoiler les secrets célestes comme nous le révèle l’Écriture : « faisons-nous une tour dont le sommet atteigne le ciel . » (Genèse 11, 4).
Cette folle décision, qui enfiévrait le ténébreux désirs d’une humanité pécheresse, ne découlait ni d’un précepte divin, ni d’un commandement, ni d’une invitation prophétique comme celle qui enjoignit à Salomon de bâtir un Temple à l’Éternel. Cette folle volonté insensée, qui animait la descendance désorientée d’Adam, souhaitait, bien sûr, parvenir à Dieu, mais avec un désir impur, elle répondait exactement, et en tous points, à ce que Dieu déclara à Isaïe : « Le culte que me rend ce peuple est un précepte appris des hommes. » (Isaïe XXIX, 13).
Le Phénix Renaissant, « La Tradition éternelle divine ‘‘non-apocryphe’’ selon le Régime Écossais Rectifié », n° 11, 2026, p. 92-94.