Le Régime Rectifié « dispense la partie scientifique de la maçonnerie primitive et la science religieuse de l’homme », pour être le conservateur, le gardien et le continuateur du « Haut et Saint Ordre ».

Le Régime rectifié a servi d’écrin, de « conservatoire » à l’enseignement martinésien, à partir du XVIIIème siècle, et peut être en conséquence considéré comme « l’Ordre substitué », renfermant les « connaissances mystérieuses » qui se trouvaient chez les élus coëns, lui conférant cette qualification qui seule est accordée aux structures dépositaires de la « doctrine de la réintégration », à savoir de système « non-apocryphe ». [1]

Le Régime Écossais Rectifié, c’est-à-dire « l’Ordre substitué », est donc « non apocryphe » parce que détenteur aujourd’hui de la doctrine de la réintégration, héritier de la transmission abelienne, porteur et dépositaire de la filiation du « Haut et Saint Ordre », placé sous les auspices d’une initiation qui s’opère par le passage par les trois essences spiritueuses, la symbolique des nombres, le sens des batteries, la valeur des flambeaux, le rôle des couleurs, etc., éléments symboliques qui proviennent des élus coëns.

De fait « l’Ordre substitué », le Régime Écossais Rectifié, se « substitue » aux élus coëns, nous le comprenons assurément, mais pour effectuer quelle mission ?

Tout simplement, et ceci est logique si l’on garde en mémoire que le Régime Rectifié dispense la partie scientifique de la maçonnerie primitive et la science religieuse de l’homme, pour être le conservateur, le « gardien » et le continuateur du « Haut et Saint Ordre ». [2]

Le Phénix Renaissant, n° 3, « Le devenir du Régime Écossais Rectifié », 2017, pp. 37-39.

Notes.

[1] Il est à noter que les notions « d’apocryphe » et de « non-apocryphe », proviennent de l’Ordre des élus coëns, dont l’enseignement distinguait, sous ces deux dénominations, les initiations possédant la « vraie philosophie », c’est-à-dire la « doctrine  de la réintégration », de celles qui en étaient ignorantes tout en utilisant les instruments des ouvriers du Temple de Salomon.

[2] Cette fonction de conservation constitue une charge sacrée d’autant plus impressionnante que sous cette appellation, Willermoz pense à « l’Ordre des élus de l’Éternel », c’est-à-dire à la sainte et pieuse société religieuse qui traverse les siècles depuis les origines, formée par les Justes, les Patriarches et les Prophètes, qui surent, après le repentir de notre premier parent selon la chair, Adam, et depuis son fils bien aimé Abel qui célébrait le vrai culte, en passant par Seth, Élie, Énoch, Melchisedech, Abraham, Moïse, David, Salomon et Zorobabel, jusqu’au Christ qui le rendit absolument parfait, préserver, maintenir et transmettre l’authentique sacerdoce primitif, lignée religieuse à laquelle se rattache donc aujourd’hui, par l’intermédiaire providentiel de l’Ordre des élus coëns, la classe non ostensible de l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, et par elle le Régime Écossais Rectifié dans son ensemble.