Parcourez les nations, remontez aux premiers âges du monde ; vous trouverez partout des vestiges, des fragments, pour ainsi dire, des principaux dogmes de la religion. Or, cet accord général et constant de tous les peuples ne peut s’expliquer que par une tradition antérieure à la dispersion des hommes et à la fondation des empires. Et cette tradition suppose nécessairement une révélation primitive, extérieure et surnaturelle
Le « christianisme transcendant », qui ne se rattache pas simplement à un ensemble d’écrits ou de mythes communs avec le reste de l‘humanité, est lié à une « Révélation » et à une « Tradition » bien spécifiques, dont les racines remontent à la « religion première » que connut Adam en Éden.
Au commencement de l’humanité, la communication de Dieu aux hommes, représente les fondements de la « Tradition originelle », « religion première » dont les traces sont perceptibles et bien visibles, quoique profondément dégradées, chez les différents peuples.
Cette « religion première », ou encore dénommée « religion des anciens », conserve des traces visibles dans toutes les traditions qui perdurent sur la surface de la terre, ainsi que le précise le savant théologien et canoniste que fut Thomas-Marie-Joseph Gousset (1792-1866), de par ses connaissances créé cardinal en 1850 par le pape Pie IX, avec le titre de cardinal-prêtre de Saint-Calixte, convaincu et soutenant la réalité d’une « tradition antérieure à la dispersion des hommes et à la fondation des empires », laissant supposer la nécessaire existence d’une « tradition primitive » surnaturelle :
« [La religion première] comprenait le dogme de l’unité de Dieu, une Providence qui gouverne le monde, la croyance aux bons et aux mauvais anges, la chute de l’homme et la disgrâce du genre humain, l’attente d’un médiateur qui devait réconcilier le ciel et la terre, et l’immortalité de l’âme. Parcourez les nations, remontez aux premiers âges du monde ; vous trouverez partout des vestiges, des fragments, pour ainsi dire, des principaux dogmes de la religion. Or, cet accord général et constant de tous les peuples ne peut s’expliquer que par une tradition antérieure à la dispersion des hommes et à la fondation des empires. Et cette tradition suppose nécessairement une révélation primitive, extérieure et surnaturelle. Un système de religion où tout se lie, et qui rend raison de tout, du monde physique comme du monde moral, qui n’a pu être l’ouvrage de l’homme, si on le suppose privé de tout commerce avec le Créateur. D’ailleurs Dieu ne l’a pas créé à son image pour en faire le jouet de l’erreur : il n’aurait ni permis ni put permettre que des dogmes fondés sur l’ignorance ou l’imposture fussent transmis, en son nom, à toutes les générations [1]. »
Le Phénix Renaissant, « La Tradition éternelle divine ‘‘non-apocryphe’’ selon le Régime Écossais Rectifié », n° 11, 2026, p. 34-36.
Note.
[1] Cardinal Gousset, Théologie dogmatique, t. I, Jacques Lecoffre, 1866, p. 344.