Le vénérable et pour le moins exceptionnel dépôt doctrinal, définit le caractère « non-apocryphe » du Régime Rectifié, par antithèse des « voies » dites « apocryphes », précisément définies et désignées sous ce terme de par leur nature manifestement incomplète.

Il y a une « source » supérieure qui fonde en son essence l’initiation willermozienne, « source » provenant de la transmission originale et spécifique reçue providentiellement par l’intermédiaire de Martinès de Pasqually († 1774). Le rattachement à cette « source » fondatrice doit toutefois s’accompagner d’un corolaire absolu, celui du dépôt théorique qui en constitue la substance, c’est-à-dire l’enseignement doctrinal qui conditionne le critère même de l’authenticité de l’initiation spirituelle, dont le Régime Rectifié est à la fois le canal, le dépositaire et le conservateur devant l’Histoire.

Le vénérable et pour le moins exceptionnel dépôt doctrinal, définit en conséquence le caractère « non-apocryphe » du Régime Rectifié, par antithèse des « voies » dites « apocryphes », précisément définies et désignées sous ce terme de par leur nature manifestement incomplète, le plus souvent fausse, éminemment douteuse au regard de la perspective spirituelle du Régime Rectifié, et même, comme c’est souvent le cas dans les domaines de la « contre-initiation » – domaines troubles et obscurs qui n’ont cessé de prospérer et de se développer intensément à la faveur de notre  époque de « dissolution », se caractérisant, notamment, par l’accroissement de l’aveuglement et la perte du discernement -, singulièrement « désorientée » [1].

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Rappelons que le terme « apocryphe », au niveau étymologique, vient du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, qui signifie « caché », son sens élargi s’appliquant généralement aux textes sacrés non reconnus par l’institution ecclésiale, en raison de leur manque de fiabilité ou de défauts mettant en doute leur véracité,  le dictionnaire précisant qu’il s’agit  en l’espèce d’écrits « dont l’authenticité n’est pas établie ». La liste des apocryphes de l’Ancien Testament, participant en majorité de la littérature juive préchrétienne allant globalement du IIe siècle av. Jésus-Christ à la fin du Ier siècle, textes qui n’ont pas été reconnus par les canons conciliaires et furent écartés des écrits considérés comme « révélés », est extrêmement longue, faisant qu’il est donc impossible de les citer tous [2].

Le Phénix Renaissant, « La Tradition éternelle divine ‘‘non-apocryphe’’ selon le Régime Écossais Rectifié », n° 11, 2026, p. 17-18.

Notes.

[1] Pour René Guénon (1886-1951), qui a particulièrement étudié le phénomène, si l’initiation incarne tout ce qui représente l’esprit traditionnel authentique, la « contre-initiation » en est l’inversion la plus achevée, l’opposition qui, toute en l’imitant à la façon d’une ombre inversée, travaille dans un sens absolument contraire. (Cf. Le Règne de la quantité et les signes des temps,  ch. XXXVIII, « De l’antitradition à la contre-tradition », 1945.)

[2] Retenons principalement, pour les plus célèbres des écrits considérés comme « apocryphes » non retenus par le canon officiel de l’Église : l’Apocalypse d’Abraham, l’Apocalypse d’Adam, l’Apocalypse de Daniel, l’Apocalypse de Lamech, l’Ascension de Moïse ou Testament de Moïse, l’Ascension d’Isaïe, les livres d’Hénoch  (I, II et III), les Jubilés, la Guerre du Messie, le Livre des Géants, le Livre des Mystères, la Légende de Soliman ou Sceau de Salomon, la Liturgie angélique, le Martyre d’Isaïe, les Odes de Salomon, le Pasteur d’Hermas, la Prière de Manassé, les Psaumes de Salomon, le Pseudo Ézéchiel, le Testament d’Abraham, le Testaments des douze patriarches, ou encore la Vision d’Esdras.